Liste des spectacles
Découvrez l'ensemble des spectacles de la compagnie de théâtre Éclats Rémanence

Affiche du spectacle Le Centaure
Affiche du spectacle Le Centaure

Une adaptation du poème de Maurice de Guérin

Mise en scène : Jean-Noël Dahan

Jeu : Matthieu Lemeunier et Jean-Noël Dahan

Collaboration artistique : Cyril Casmèze

Production : Cie Eclats Rémanence

Co-production : Conseil Général du Tarn

Calendrier

Le spectacle a été créé le samedi 17 septembre 2011 à l'occasion des Journées européennes du patrimoine au Château-Musée du Cayla à Andillac (Tarn)

Présentation du spectacle

«Le Centaure» est l’adaptation théâtrale du poème de Maurice de Guérin pour un comédien et un comédien-zoomorphe.

Pour vous parler de ce projet - car elle en parle très bien - je cède la place à celle qui nous convie à cette expérience, Brigitte Benneteu, du Conseil Général du Tarn :

«Fondée en 2003 par Jean-Noël Dahan, comédien et metteur en scène, la compagnie Éclats Rémanence est déjà intervenue en 2010 au Château-musée du Cayla pour une adaptation théâtrale du Cahier vert de Maurice de Guérin, interprétée par Martine et Jacques Vandeville.

La Compagnie récidive en 2011 à la demande de la Conservation départementale du Tarn pour une adaptation du Centaure de Maurice de Guérin. Il s’adjoint la complicité de Matthieu Lemeunier, comédien-zoomorphe, et de Cyril Casmèze, comédien et acrobate zoomorphe de la compagnie du Singe Debout.

La poème en prose Le Centaure écrit vers 1835, est sans doute la pièce la plus connue de l’œuvre de Maurice de Guérin. Le poète atteint là une forme d’écriture à la fois simple et sublime. “ Elle fait entendre dans le romantisme, la voix de l’ivresse cosmique (Albert Beguin, in L’âme Romantique et le Rêve). La figure du centaure semble être la transcription poétique des difficultés d’existence que connut Maurice de Guérin.

Cette chimère, écartelée entre animalité et humanité, est un sujet d’expérience enthousiasmant au plan théâtral. Elle est susceptible d’offrir toutes les expérimentations possibles du jeu, entre gestuelle et mise en voix. Le travail que proposent Jean-Noël Dahan, Matthieu Lemeunier et Cyril Casmeze est de cet ordre.

Entre le temps de la naissance du centaure enfant, replié dans sa grotte, espérant de tous ses sens les retours de sa mère, et celui de la mort offerte par les dieux, la chimère oscille entre ses accents terrestres et ses aspirations divines. Le centaure fait corps avec une nature où s’exprime tout le sens du divin. Chez lui, aucune trace de bestialité, mais union intime entre animalité et humanité, comme deux pôles d’une même unité primordiale. Zoo-Anthropomorphie.

La voix récite, au service du texte, opère des arrêts, des suspensions nécessaires à la compréhension des images qu’il suscite. Elle accompagne les scènes de la vie du centaure, en fait surgir les fulgurances poétiques.

Le corps donne à voir autrement le texte, en propose des approches totalement physiques, des accentuations sensuelles qui échappent à l’illustration. Où fusionnent la part d’animalité et la part d’humanité que chacun de nous porte en soi ? Corps et voix se répondent, travaillent en duo ou en contrepoint. Et le centaure se fait chair.

Le spectacle aura lieu au Cayla, dans cette nature qui a donné naissance à l’image même du centaure, au détour des buis et des chênes, aux abords de la grotte originelle.»

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«J’ai reçu la naissance dans les antres de ces montagnes. Comme le fleuve de cette vallée dont les gouttes primitives coulent de quelque roche qui pleure dans une grotte profonde, le premier instant de ma vie tomba dans les ténèbres d’un séjour reculé et sans troubler son silence. Quand nos mères approchent de leur délivrance, elles s’écartent vers les cavernes, et dans le fond des plus sauvages, au plus épais de l’ombre, elles enfantent, sans élever une plainte, des fruits silencieux comme elles-mêmes.
Leur lait puissant nous fait surmonter sans langueur ni lutte douteuse les premières difficultés de la vie ; cependant nous sortons de nos cavernes plus tard que vous de vos berceaux. C’est qu’il est répandu parmi nous qu’il faut soustraire et envelopper les premiers temps de l’existence comme des jour remplis par les dieux. Mon accroissement eut son cours presque entier dans les ombres où j’étais né. (...)»

Incipit du Centaure de Maurice de Guérin